Le #12 des « Livrets de la France insoumise » aborde le thème de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Il a été préparé par un groupe de travail animé par Hendrik Davi, docteur en écologie, Raphaëlle Temios, agrégée de sciences et vie de la Terre et de l’Univers, et Jean-Louis Bothurel, docteur en linguistique allemande.

Pour nous faire part de vos remarques sur le document, suggérer un événement de campagne thématique, merci d’écrire à l’adresse suivante : livret-esr@jlm2017.fr

 

Hendrik Davi 

Docteur en écologie et titulaire d’un master en philosophie des sciences, Hendrik Davi étudie l’effet du changement climatique sur les forêts. En tant que responsable et élu syndical, il est témoin des menaces que font peser les réformes successives de la recherche sur le bon fonctionnement de la science.

 

Raphaëlle Temios

Docteure en géophysique, agrégée de Sciences et Vie de la Terre et de l'Univers et Maître de Conférences, Raphaëlle Temios est impliquée dans les questions d'enseignement supérieur et de recherche.

Autour du livret

17 mars : La France Insoumise défend l’intérêt général et les libertés académiques dans le débat présidentiel organisé par l'AEF (+ vidéo)

AEF, la principale agence d’information spécialisée du domaine de l’éducation, organisait le 16 et le 17 mars ses « Rencontres universités entreprises » annuelles, et proposait dans ce cadre un débat entre les représentants des cinq principaux candidats à la présidentielle. La thématique retenue, « l’attractivité de l’ESR français », et les deux principaux axes développés, le paysage territorial de l’ESR et « attirer les talents », permettaient de contourner les questions qui fâchent : austérité, ANR, CIR, condition étudiante notamment. Le débat a néanmoins été l’occasion de constater une nouvelle fois la division du champ politique en trois blocs :

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- un bloc communautariste incarné par le Front National et son représentant, l’eurodéputé Gilles Lebreton, qui a présenté un pot-pourri de mesures mélangeant maladroitement antilibéralisme de façade, défense des intérêts particuliers à la limite du clientélisme, et bien sûr préférence nationale.

- un bloc gestionnaire qui se déclinait en trois nuances. Les députés Sandrine Doucet et Patrick Hetzel représentaient respectivement Benoît Hamon et François Fillon, tandis que l’ancien conseiller ministériel de Valérie Pécresse et actuel président de ComUE Thierry Coulhon portait le programme d’Emmanuel Macron. Tous trois ont fait l’apologie des statuts sur mesures pour les personnels et pour les établissements et présenté la déréglementation généralisée et le financement contractuel comme seul horizon possible. Le seul débat était de savoir jusqu’où le quinquennat qui s’achève avait permis d’atteindre ces objectifs libéraux, et sur la méthode à suivre pour aller plus loin dans la même direction.

- la France Insoumise, enfin, incarnait à elle seule le service de l’intérêt général, c’est-à-dire la défense d’une science libre, indépendante, critique et émancipatrice. Seul intervenant dont l’enseignement et la recherche étaient les activités principales, J.-L. Bothurel a expliqué l’inefficacité et l’iniquité de la politique actuelle de regroupements et de la course à l’excellence. Il a également été le seul à placer les universitaires au cœur de la réforme de l’ESR, et a défendu les propositions de la France Insoumise : recrutement national des enseignants-chercheurs, cadre national garantissant la lisibilité des diplômes et l’égale répartition des moyens, hausse des budgets, restauration des libertés universitaires contre une technostructure incompétente et intrusive, mais aussi solidarité entre les deux rives de la Méditerranée et développement de la recherche mondiale sur les nouvelles frontières de l’Humanité, avec la création d’universités internationales dévouées à ces questions.

La singularité des propositions de la France Insoumise a été remarquée, ainsi que leur ancrage dans la vie quotidienne des milliers de personnels de l’ESR victimes de la politique menée depuis dix ans par le bloc gestionnaire. L’incompréhension à peine dissimulée des représentants de celui-ci a été plus que compensée par les remerciements d’enseignants-chercheurs et de chercheurs, notamment précaires, satisfaits de découvrir un projet émancipateur concret et cohérent aux antipodes de la novlangue libérale et du repli communautaire. La France Insoumise continuera à répondre aux sollicitations et à défendre, contre la fausse alternative entre aveuglement austéritaire et repli ethnique, l’universalisme, le souci de la vérité et la générosité qui animent la science libre sans laquelle il ne saurait y avoir d’avenir en commun.

La vidéo ici : https://www.youtube.com/watch?v=xN4LETIVxD4&feature=youtu.be

7 février : La France insoumise défend ses propositions pour l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

Mardi 7 février, le « Think education », new think Tank, organisait à Paris Dauphine (symbole de la flambée des frais d’inscription à l’Université...) sa seconde rencontre pour échanger sur l’innovation dans l’enseignement supérieur et débattre de ses enjeux sous l’égide de Microsoft, du MEDEF et d’autres partenaires.

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La France Insoumise était invitée comme les autres forces politiques à débattre des politiques pour l’enseignement supérieur et s’y est rendue malgré les divergences d’approche évidentes avec la majeure partie des intervenant·e·s. Les politiques devaient répondre aux questions d’acteurs du secteur : François Cansell, président de la CDEFI (Conférence des Directeurs des Ecoles Françaises d'Ingénieurs), Jean Michel Nicole, président de l’UGEI (Union des Grandes Ecoles Indépendantes), Anne Lucie Wack, présidente de la CGE (Conférence des Grandes Ecoles) et François Germinet, président de la commission formation professionnelle de la CPU (Conférence des Présidents d’Universités). Seuls la France Insoumise et les Républicains ont été représentés, Macron et Hamon n’étant pas en mesure d’être représentés faute de programme de l’aveu même de l’animateur.

Pendant près d’1h15, le représentant de la France Insoumise, Hendrik Davi, co-rédacteur du livret Enseignement Supérieur et recherche (ESR) a répondu aux questions variées sur les moyens pour la recherche, la réussite en Licence, la mixité sociale, la féminisation de la science, le rapport entre science et innovation ou le rapport entre écoles privées et écoles publiques. En répondant à ces questions, il a pu développer certaines des principales mesures du programme de la France Insoumise et apporter une vision radicalement divergente de l’orientation néolibérale actuelle  :

  • un ministère de l’ESR de plein exercice,
  • une allocation d’autonomie pour les étudiants  sous condition de ressources,
  • la création d’une université Nationale,
  • la réduction à 160h de la charge des enseignants chercheurs,
  • une augmentation de 5 milliards/an du budget de l’ESR,
  • un moratoire sur les regroupements d’université et la suppression de l’agence d’évaluation (HCERES).

Ces positions ont été attentivement écoutées par les différents participant·e·s et la précision de nos propositions a été remarquée. La France Insoumise continuera de présenter son programme en termes d’ESR pendant la campagne, partout où il le faudra.

Vous pouvez retrouver ce débat sur youtube à partir de 8:22:00 :

https://www.youtube.com/watch?v=ZAs8ZUYQXfg&feature=youtu.be