Interpellation des listes aux élections européennes par différents collectifs sur des questions liées à l’activité physique et les réponses de la liste La France insoumise pour les élections européennes 2019.

1. Quelle est votre vision de l’Economie sociale et solidaire (ESS) ?

Face à la prédation de la finance et à la dictature des actionnaires, une autre économie est
possible ! Dans cette période qui combine crises économique, financière, sociale et écologique,
les projets de l’ESS permettent de développer ici et maintenant des démarches concrètes qui
dessinent les contours d’un autre monde, plus juste et plus respectueux de l’avenir de la
planète et de l’Humanité. Les acteurs de l’ESS peuvent ainsi permettre de reprendre la main en
créant des coopératives et des entreprises d’insertion, en développant les circuits courts et en
soutenant la création de filières économiques écologiques.

L’ESS que souhaite promouvoir la France insoumise préfigure une alternative au capitalisme,
par le développement d’initiatives économiques citoyennes. Le pouvoir au peuple, dans
l’entreprise, dans les associations et sur les territoires, doit servir à des productions utiles,
répondant aux besoins des populations et respectueuses de la planète. La socialisation des
entreprises répond à cette exigence de conférer aux citoyen·ne·s, à la fois comme
travailleur·euse·s et comme usager·e·s, le pouvoir de décision. Parce qu’elle subvertit les
fondements économiques du capitalisme, la propriété sociale des moyens de production est
extrêmement peu développée. Elle est tolérée à la marge du système économique, dans la
stricte mesure où elle ne remet pas celui-ci en cause. Des mesures audacieuses permettraient
pourtant d’en faire le levier d’une réorientation globale de l’économie.

À l’heure de l’urgence écologique, il est également important de réhabiliter le droit d’usage face
à la propriété privée exclusive par de nouveaux modes de gestion commune. Wikipédia, les
licences libres ou encore les jardins et les bibliothèques partagés sont des communs car les
citoyen·ne·s qui en ont l’usage se dotent de règles communes, développent la ressource et
l’entretiennent. Ces citoyen·ne·s-usager·e·s ne sont plus de simples consommateur·trice·s mais
de véritables acteur·trice·s.

Le développement de nouveaux communs permettra de mieux préserver et gérer certaines
ressources (semences paysannes, unités de production d’énergies locales, eau…). Dans cette
perspective, la législation sera renforcée pour favoriser la création, la pérennité et la gestion des communs.

En outre, nous soutiendrons les coopératives et généraliserons la démocratie sociale. Il s’agira
également de renforcer l’implication des financeurs publics et des banques se réclamant de
l’ESS dans le soutien au développement des coopératives (et, plus généralement, de toutes les
expériences de socialisation). En contrepartie, celles-ci devront adopter un fonctionnement
réellement démocratique, garantissant le pouvoir de décision de chaque partie prenante.
Considérant que les mouvements associatifs et coopératifs citoyens sont un puissant levier de
cohésion sociale, de mobilisation citoyenne, de confiance retrouvée dans les institutions, nous
défendrons un nouveau pacte entre les collectivités publiques et l’ESS. Implantées au plus près
des besoins des citoyen·ne·s et des territoires, ces expertises doivent être écoutées, entendues
et associées à la construction des politiques publiques. C’est pourquoi nous militons pour que
les pouvoirs publics, en indépendance vis-à-vis du pouvoir des multinationales mais pas des
citoyen·ne·s, s’engagent dans le soutien et le recours aux associations.

Cette étape vers une appropriation collective d’une partie des moyens de production pourrait
ainsi servir d’exemple auprès d’autres salarié·e·s/entrepreneur·e·s et ainsi en assurer la
diffusion « par contagion ».

 

2. Pensez-vous qu’il serait important de promouvoir ces organisations / modèles au
niveau européen et si oui comment feriez-vous ?

Il est bien sûr fondamental de promouvoir l’ESS au niveau européen et national !
Dans notre programme pour les élections européennes nous proposons de créer une direction de l’Économie Sociale et Solidaire stimulant la création d’emplois d’utilité sociale dans les domaines éducatifs, culturels, sportifs et environnementaux.

Mais plus largement un certain nombre de mesures pourraient être prises au niveau européen
ou le cas échéant au niveau national pour favoriser son développement. Par exemple nous
remettrons en place le principe d’une priorité nationale ou locale pour les appels d’offres des
collectivités locales. Les entreprises de l’ESS sont particulièrement bien placées pour répondre
efficacement et intelligemment aux besoins locaux. L’obligation imposée par Bruxelles d’ouvrir
ces appels d’offres au niveau européen, sous prétexte de « discrimination » de concurrents
européens non-français, est une aberration absolue sur le plan écologique et social, entraîne
des dérives de dumping fiscal et social, et nous la rejetterons.

Il est également important d’ouvrir le droit pour les salariés de reprendre leur entreprise sous
forme ESS dans le cas de dépôt de bilan, de fermeture de site, ou de cession à l’étranger avec
menaces sur l’emploi.

 

3. Connaissez-vous Siel Bleu, l’Activité Physique Adaptée et ses apports pour la santé des
personnes fragilisées par la maladie, l’avancée en âge et la dépendance ? Que cela
représente-t-il à vos yeux ?

Nous découvrons Siel Bleu au bénéfice de cette campagne. Sa vision qui veut faire de la Santé
et du bien-être, physique, mental et social un droit et non un luxe ainsi que ses missions,
notamment développer l’autonomie et favoriser l’inclusion de toutes les personnes fragilisées au niveau social, cognitif ou physique mais aussi développer la prévention santé en l’adaptant à tous et à tous les territoires, nous sommes parfaitement en ligne avec le programme de l’Avenir en Commun.

Comme le précise notre livret thématique sur le sport notre vision du sport et l’activité physique s’inscrit à rebours de la logique libérale, qui sanctifie la compétition et fétichise le résultat, nous considérons le sport comme relevant d’une mission de service public. La France est d’ailleurs la seule grande nation européenne à avoir construit le sport comme un service public, l’État se donnant pour mission de contrôler et de « moraliser » les activités des fédérations.

À ce titre, nous voulons définitivement sortir le sport des logiques de marché, de concurrence et de marchandisation extrême, afin de permettre à chacun·e de développer ses capacités
créatrices et l’estime qu’il a de lui-même dans le respect des autres.

 

4. Quelles seraient vos propositions pour promouvoir l’activité physique adaptée à
destination des personnes les plus fragiles en Europe ?

Nous pensons nécessaire d’inciter la pratique sportive massivement, qu’elle soit tournée vers la
compétition ou le sport-santé à cette fin nous pensons que l’accès au sport et à l’activité
physique de son choix doit être garanti à tout le monde, et ce, tout au long de la vie, quels que
soient ses revenus, son sexe, son âge, sa couleur de peau, son attachement ou non à un culte.
Le sport doit être reconnu comme un droit pour toutes et tous, de la même façon que les droits
à la culture, à la santé, au travail ou au logement. Si le droit à l’accès aux services publics dans
d’égales conditions (desserte et tarifs) est l’un des fondements de l’État républicain, cette
exigence concerne les équipements sportifs au même titre que les services postaux ou de
transport.

Notre projet sera de faire du « sport santé » un élément essentiel du bien-être de l’humain.
Ainsi, nous promouvrons le sport par ordonnance et soutiendrons le développement des
pratiques sportives faisant l’objet d’une prescription médicale.

Voilà quelques mesures de l’Avenir en Commun que nous vous invitons à consulter pour plus
de détail :

– Recruter des éducateur·trice·s physiques ou sportif·ve·s en nombre suffisant afin d’assurer les
missions de rééquilibrage des territoires, de garantir l’accessibilité de la pratique sportive et la
structuration pérenne des associations.
– Favoriser la gratuité pour les populations modestes et promouvoir la fixation des coûts d’accès
en fonction des revenus et de la taille des familles.
– Développer le sport-santé et l’activité physique adaptée sur ordonnance en formant les
médecins.
– Développer le sport comme moyen d’insertion professionnelle et soutenir toutes les initiatives
visant à faire du sport un vecteur de réinsertion des jeunes en difficulté en termes d’accès au
travail, en s’appuyant sur des acteur·trice·s associatif·ve·s et privé·e·s, et veiller à ce que ces
dispositifs fassent une large part au public féminin et aux publics en situation de handicap.